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Les joueuses de France 7 viennent de terminer leur stage à Saint-Tropez. Les françaises continuent leur préparation avant de pouvoir reprendre la compétition le mois prochain (février 2021) lors du tournoi de Madrid. Ensuite, viendront les tournois de Marcoussis (mai 2021), puis les bleues se déplaceront à Monaco (juin 2021) pour tenter de se qualifier aux JO de Tokyo. L’internationale, qui joue tantôt à 7 tantôt à XV, nous parle de sa préparation pendant cette période un peu particulière liée à la pandémie de Covid19.

Crédit photo : Jérémy Babinet

On a appris le report du tournoi des six nations féminin à cause de la propagation de l’épidémie de Covid19. Dans ce contexte sanitaire incertain, comment vous préparez-vous avec l’équipe de France 7 ?

J’ai envie de dire qu’on arrive à se préparer normalement. Je n’ai pas l’impression que le contexte actuel nous change beaucoup. On a toujours notre objectif en tête, on est bien déterminées, on a un programme à suivre. En fait, nos journées ne changent pas de d’habitude. Après, je parle uniquement pour moi, mais déjà le 2e confinement, je ne l’ai pas senti parce que mes journées étaient les mêmes qu’en temps normal. On allait s’entraîner, on revenait, c’était des journées classiques“.

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Le tournoi de Madrid a lieu en février, puis il y a aura deux tournois à Marcoussis en mai. Y-a-t’il d’autres tournois prévus d’ici le TQO de Monaco ?

“Non, à part Madrid et Marcoussis – enfin si tout va bien – on n’a pas d’autres tournois en vue”.

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N’est-ce pas compliqué de ne pas avoir de confrontations avec d’autres équipes dans le cadre de votre préparation ?

Oui, c’est sûr. Je pense que les entraîneurs s’arrachent les cheveux et font des pieds et des mains pour pouvoir trouver des collaborations et pour qu’on puisse matcher avec d’autres équipes. On a pu jouer contre des juniors ou des cadets de Massy. Ce genre de matchs nous permet de nous confronter à des profils qui sont plus explosifs que les nôtres et qui nous mettent en difficulté.

L’idée est de pouvoir s’entraîner à une autre intensité et de jouer contre des adversaires qui ont leur propre style de jeu. Parce que lorsqu’on matche entre nous, c’est génial de faire des oppositions ! Mais on se connaît parfaitement. Donc c’est toujours mieux d’avoir des adversaires avec un jeu particulier“.

France 7 en stage à Saint-Tropez. Crédit photo : FFR
Votre programme intègre-t-il préparation mentale ou un accompagnement psychologique ?

Non, pas particulièrement. Chaque joueuse peut, si elle en ressent le besoin, demander une aide. Mais il n’y a pas d’accompagnement psychologique particulier dans notre programme.

C’est le rôle de l’entraîneur de gérer et de manager son groupe. Je pense qu’il trouve d’autres moyens que de faire appel à un préparateur mental pour que l’équipe adhère au projet et ne fasse qu’un sur le terrain”.

Si la France se qualifie, quand le groupe pour Tokyo sera-t-il constitué ?

“Peut-être que l’équipe qui se qualifiera au TQO sera celle qui fera les jeux olympiques… Mais il peut toujours y avoir des changements parce qu’on n’est jamais à l’abri d’une blessure ou de certains paramètres”.

Toi, par rapport aux JO et la coupe du Monde, comment te projettes-tu ? Est-ce que tu voudrais jouer les deux ?

“J’ai eu la chance de faire la tournée d’automne et de pouvoir matcher, de pouvoir revenir un peu à XV. Et j’ai pris du plaisir. Tout ce qui est à prendre, je serai ravie d’y participer. Mais tout n’est pas de mon ressort. Il y a les sélectionneurs qui sont là pour faire les sélections et choisir les équipes. Je serai ravie de faire du 7 ou du XV, mais je vais là où on m’appelle”.

Est-ce que tu as une préférence entre le 7 et le XV ?

“J’adore les deux mais l’un n’a rien à voir avec l’autre. Pour moi, c’est presque deux sports différents”.

Qu’est-ce qui te plaît dans le 7 et quelles qualités faut-il avoir pour performer dans ce sport ?

“Les qualités pour jouer à 7, c’est d’avoir une bonne condition physique. C’est aussi avoir une bonne vision du jeu – ce qui peut d’ailleurs limiter les courses. A 7, il faut vraiment être polyvalent. Et c’est génial ! Un match, on peut jouer devant et faire des mêlées et des touches. Puis le match suivant, on peut jouer en 6 ou 7. Et d’un poste à l’autre, on a beau être à 10 mètres ou juste à côté l’une de l’autre, on ne fera pas les mêmes choses ni forcément le même match. D’un poste à l’autre, ca peut changer ton rôle et ton match. C’est vraiment très changeant”.

Le rugby à 7 vit un peu dans l’ombre du rugby à XV. Comment tu vis ça en tant que joueuse ?

“C’est vrai que les informations sur le 7 ne sont pas vraiment relayées. On a été vice-championnes du monde en 2018. C’était une chouette performance et l’information est quand même un peu passée à l’as. Après, on sait très bien que le rugby phare en France, c’est le rugby à XV. Je pense qu’il faut encore faire nos preuves et que ça passera beaucoup par les résultats”.