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Portrait de rugbywoman : Mathilde Coutouly internationale à 7

Portrait de rugbywoman : Mathilde Coutouly internationale à 7

Temps de lecture : 5 min

Nous sommes allées à la rencontre de Mathilde Coutouly internationale à 7  et à XV avec l’équipe de France -20 ans. Elle participera au match retour entre la France et l’Angleterre dans la catégorie U20 la semaine prochaine.

Crédit Photo : HSBC World Rugby Sevens

 

Quel est ton statut auprès de la FFR ? Quels en sont les avantages et quelles en sont les exigences ?

Nous sommes salariées de la FFR, sous contrat. Nous sommes identifiées comme joueuses professionnelles et nous avons une rémunération en tant que salariées et des aides olympiques du CNOSF.

Quand tu t’engages avec le 7, c’est toute ta vie qui change et si tu ne t’investis pas pleinement, c’est compliqué d’être épanouie. Il faut s’y mettre à fond.

 

Ton statut particulier t’apporte t-il une pression supplémentaire ?

C’est la loi du haut niveau, en cas de blessure ou de contre-performance, on risque de t’oublier. Si tu joues au 7 France et que ton investissement ou tes performances ne correspondent pas aux attentes de l’équipe de France, on peut te dire que c’est terminé.

 

Souhaites-tu faire du rugby ton métier ? As-tu déjà pensé à ce que tu souhaiterais faire après ?

Si je pouvais vivre uniquement du rugby, ça me permettrait de faire mes études plus tard et d’être focus sur une seule chose à la fois. Mais c’est vrai que faire les deux en même temps, études et rugby, peut aider. Tu as un pied autre part, ça te sort de ce monde de rugby.

L’un de mes souhaits serait d’être kiné avec l’équipe de France même si il y a beaucoup d’autres filières qui peuvent m’intéresser dans le métier de kinésithérapeute.

 

Avec les exigences que représente ta pratique, arrives-tu à suivre des études ?

Je suis en première année de kiné à St-Maurice. Mes horaires sont aménagés pour le moment, j’essaye de faire les deux premières années en 3 ans. J’ai aucune obligation de présence mais il vaut mieux être là pour que ça soit plus facile à suivre.

 

Depuis le début de l’année j’ai rarement été présente, j’ai eu du mal pour l’instant à bien m’organiser, c’est tout de même assez compliqué.

 

A quelles exigences doit faire face une joueuse semi-professionnelle ?

Les sélectionneurs regardent le potentiel immédiat, le niveau rugbystique de la joueuse et ses aptitudes physiques. Une autre qualité qui est essentielle, c’est la capacité à travailler beaucoup afin d’arriver à exploiter au mieux son potentiel.

 

Dans ce sport une fille peut avoir de super qualité mais si elle ne travaille pas assez, elle ne pourra pas devenir une super joueuse de rugby à 7.

 

En ce qui concerne l’alimentation, je faisais déjà attention avant mais en rentrant dans le circuit, les exigences sont encore plus élevées. J’ai commencé à faire encore plus attention à ce que je mangeais, à mon hygiène de vie.

 

 

Crédit photo : Aubin Lipke

 

Les compétitions se déroulent sur plusieurs jours et sont très intenses. Quels protocoles sont mis en place pour vous maintenir en forme entre les matchs ?

Après un match, on fait la glace, on peut avoir un repas tout de suite après le match, sinon on prend aussi des compléments alimentaires (whey) pour nous alimenter. Cela dépend des heures de la journée, il faut que l’on apporte les apports nécessaires à notre récupération. Ensuite, on met des bas de contention, on peut faire la sieste ou écouter de la musique … ça change en fonction des filles.

 

La Coupe du monde à 7 aura lieu du 20 au 22 juillet prochain. Est-ce un objectif pour toi ? Comment te prépares-tu à ce type d’événement ?

Pour le moment, je suis dans le groupe élargie des 23 filles qui sont sous contrat. Après je sais qu’il me reste beaucoup de chemin à parcourir, je rêve de faire la coupe du monde bien sûr, mais chaque chose en son temps. Je ne veux pas brûler les étapes, je me construis petit à petit.

 

Vous n’êtes pas la grande favorite mais on sait que sur un tournoi tout peut changer. Quel est l’objectif de l’équipe pour cette coupe du Monde et qu’est-ce que vous espérez ?

L’objectif est d’aller chercher une médaille, ça fait longtemps qu’on échoue en quart ou en demie. On est jamais loin d’aller chercher une troisième place. La coupe du monde est un format particulier, il n’a jamais été fait, je pense qu’on peut aller chercher une médaille. En tout cas, c’est l’objectif de toute l’équipe et on travaille toute l’année pour que l’équipe réussisse.

 

Lorsque tu pars en déplacement avec l’équipe à 7 comment vies-tu ton retour à la vie étudiante et joueuse du Stade ?

Oui, c’est particulier de rentrer. Depuis ce début de saison on a rarement été en France. Ces moments pendant lesquels je rentre, c’est des moments dont il faut profiter pour voir nos familles.

 

Enfin, quelles sont les 3 caractéristiques qui te plaisent dans le jeu à 7

Vitesse, espaces, possibilités de jouer les duels de loin, la liberté de tenter des choses et de ne pas avoir de limite. Le 7 permet de s’exprimer plus souvent d’avoir plus de choix et je m’épanouis vraiment là-dedans.

 

Merci à Mathilde Coutouly d’avoir répondu à nos questions. On lui souhaite beaucoup de réussite pour la suite !

 

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