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Peut-on être rugbywoman et maman ?

Peut-on être rugbywoman et maman ?

Temps de lecture : 5 min

Charlotte Hervé est maman, rugbywoman et enseignante en activités physiques adaptées dans un hôpital. Maman de deux petits enfants (1 an et 4 ans), elle nous explique pourquoi elle a fait le choix de ne pas arrêter le rugby après ses grossesses et l’impact de celui-ci dans sa vie de maman.

 

Comment on arrive à conjuguer le travail, le rugby et son rôle de maman ?

J’ai de la chance, car mes parents et mes beaux-parents sont à côté et m’aident. Ils gardent les enfants quand on s’entraîne ou lorsqu’on joue avec mon copain. J’ai aussi beaucoup de chance d’avoir un conjoint qui partage ma passion, me pousse et m’aide au quotidien. 

 

Quand faut-il arrêter le rugby quand on tombe enceinte ?

Je me suis renseignée auprès de ma gynécologue. Elle m’a dit qu’il n’y avait pas de risque jusqu’à la période des trois mois. Pour mon premier enfant, j’ai pu continuer de jouer jusqu’à la période des 3 mois. Pour le second, aux entraînements, j’avais des contractions quand je courais, alors j’ai arrêté un peu plus tôt. Tout dépend de la personne. Certaines femmes ont pas mal de nausées et une grosse fatigue. J’ai eu de la chance de mon côté, car en plus de pouvoir poursuivre les entraînements au début, je suis tombée enceinte tout de suite.

 

Comment on se sent quand on retrouve les terrains après une grossesse ?

9 mois sans faire de sport, c’est difficile. Tu vois tes copines, mais tu ne partages pas les mêmes choses. Je continuais à aller au bord des terrains malgré le fait que je sois enceinte, mais tu ne vis pas les choses de la même manière. Quand tu peux remettre les crampons, retourner sur les terrains, tu te sens vraiment bien. On en bave un petit peu, mais ça fait énormément de bien.

Maman et sportive

Crédit Photo : Charlotte Hervé

Pourquoi ça fait du bien ?

Le rugby était ma bulle d’air. Quand j’arrivais au rugby, c’était un moment pour moi, pour me faire du bien physiquement et mentalement. Ca fait du bien, car tu ne parles plus de bébés, de couches, tu quittes ton rôle de maman pour penser à ce que tu dois faire pour l’équipe. Ca me permet de trouver un équilibre.

 

As-tu hésité à reprendre le rugby après ta grossesse ? Le corps, n’est-il pas fragilisé par la grossesse ?

J’ai attendu avec impatience le fait de pouvoir reprendre le rugby. La reprise s’est faite très naturellement. Les sensations sont revenues rapidement après mon premier enfant. Pour le deuxième, c’était un peu plus dure. Les nuits étaient moins faciles, la fatigue n’était pas la même. 

 

Être rugbywoman influence t’il ton rôle de maman ?

Le rugby influence mes valeurs en tant que maman, sur ce que j’ai envie et essaie de transmettre à mes enfants. Les valeurs du rugby sont de belles valeurs, l’entraide, le respect, la combativité. Ces valeurs m’aident à être, j’espère, une bonne maman. Ensuite, le sport en général fait que j’arrive à avoir une certaine rigueur et à maintenir une dynamique,une organisation dans ma vie.

Le premier est venu très rapidement au rugby, voir comment ça se passait. Du coup, c’est quelqu’un de très sociable, qui s’entend très facilement avec tout le monde, il discute tres facilement.

Crédit Photo : Charlotte Hervé

Devenir maman a t-il influencé ton rugby ?

Être maman m’a appris à prendre plus de recul sur certains évènements dans le rugby. Parfois, je prenais les choses vachement à cœur, j’étais hyper déçue. Maintenant, je relativise plus.

 

Comment l’équipe a réagi à l’arrivée des petits ?

Tout le monde était hyper content dans le club, les enfants font partie de la vie de l’équipe. L’équipe est venue me rendre visite à la maternité. Lorsque les fêtes du club arrivent, tout le monde vient avec ses enfants, c’est très convivial. Puis, lorsqu’on a besoin de baby-sitter en dehors des soirs d’entraînements et de matchs il y a toujours des filles qui se dévouent pour pouvoir les garder.

 

Une anecdote à partager ?

Le rugby fait que j’ai choisi des périodes de ma vie pour enfanter, j’ai calculé le nombre de matchs pour en manquer le moins possible. J’ai choisi de tomber enceinte pendant les périodes creuses de la compétition, ça m’a permis de manquer très peu de matchs.

Autre anecdote, parfois le dimanche après les matchs, ils me suivent sur la troisième mi-temps. Ca me permet de profiter des copines et de mes enfants. Maintenant quand c’est l’heure de l’apéro, mon grand chante et sort le saucisson.

 

Quelles astuces aimerais tu partager en tant que maman et rugbywoman ? Quels conseils donnerais-tu aux autres rugbywoman ?

De parler avec leur conjoint, de prendre un moment pour voir comment elles peuvent s’organiser. Car ce n’est pas toujours évident. Il faut aussi que le papa soit partant. Il faut savoir si tu peux avoir des points d’appuis forts pour t’aider, comme la famille.

Pour être bien dans ma vie de maman, je suis obligée de continuer le sport. Sans rugby, je ne pourrais pas m’y retrouver. Même si au début, tu reprends qu’un entraînement par semaine, pouvoir maintenir un lien avec tes copines et ton activité sportive, c’est important. Car au final, quand tu arrêtes le rugby après un enfant, tu lâches beaucoup de choses comme ta vie sociale avec les copines.

Crédit Photo : Charlotte Hervé

 

Pour Charlotte, marier le rugby, la vie de maman et la vie professionnelle, est quelque chose qui se  fait assez bien. Le plus important est de savoir s’écouter et beaucoup communiquer avec le papa. Et vous, qu’en pensez-vous ? Partagez avec nous vos avis ou vos expériences sur nos réseaux sociaux.

 

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