Haut

Maëlle Filopon : “On a cherché à développer une philosophie de jeu, plus qu’un plan de jeu”

Maëlle Filopon

Maëlle Filopon : “On a cherché à développer une philosophie de jeu, plus qu’un plan de jeu”

Temps de lecture : 5 min

Aujourd’hui, on vous présente Maëlle Filopon, joueuse au Stade Toulousain. Avec elle, on revient sur la tournée d’automne de l’équipe de France, sa blessure lors du dernier match au Stade des Alpes (rupture du ligament croisé postérieur du genou droit) et ses objectifs pour la suite.

 

Comment résumerais-tu cette tournée d’automne ?

Magnifique, humainement et sportivement. C’était difficile, mais ça en valait la peine. C’était un beau groupe, je m’y sentais bien, il n’y avait pas de jugement. J’avais l’impression d’être plus libre sur le terrain que je ne l’avais été auparavant. On avait une philosophie de jeu qui nous correspondait à toutes. Prendre des initiatives, oser et si on se trompait ce n’était pas grave. On avait cette liberté d’expression sur le terrain. À l’entraînement, on se prenait au sérieux sans se prendre au sérieux. Cette philosophie permettait de passer de super entraînements même si c’est dur au niveau de l’intensité. On avait des objectifs d’intensité au niveau de nos courses, on cherchait constamment à jouer en accélérant. Maintenant avec les GPS, on connaît ton niveau d’intensité à l’entraînement, tu ne peux plus tricher, mais au final ça donne de belles choses.

 

Et le jeu de l’equipe de France ?

Je le décrirais comme un jeu d’instinct, de feeling, un jeu de mouvement et de prise d’intervalles. C’était très agréable à jouer, tu ne t’ennuyais pas à suivre un projet de jeu de A à Z, à faire des combines toutes bêtes. Bien sûr, on n’a pas toujours réussi ce qu’on entreprenait. Je pense qu’on a développé plus une philosophie de jeu sur le terrain qu’un plan de jeu.

 

Qu’est qui s’est passé sur l’essai que tu marques ?

À partir du moment ou Carla m’a transmi la balle jusqu’au moment ou j’aplatis, j’ai ressenti un sentiment de fluidité. Ce sont des moments qui arrivent très rarement dans ta carrière. Tes sens sont démultipliés. Tu rentres dans une phase où tu es à 100 % de ce que tu peux faire à ce moment-là. Je savais que la n°9 n’était pas loin, je pars à l’intérieur une fois, puis deux fois. Quand je vois la ligne, c’est un moment d’euphorie. Puis je sens qu’on m’attrape, je sens une force qui me déstabilise dans ma chute et par réflexe, je mets mon genou droit en avant. Je n’ai pas eu mal sur le coup, mais j’ai senti qu’il s’était passé quelque chose de grave. Passer la ligne, c’était un moment de soulagement, mais lorsque Lenaïg Corson a essayé de me relever, j’ai senti une douleur et de la peur. J’ai compris que j’avais quelque chose à mon genou et que c’était impossible de me relever.

 

Comment personnellement vis-tu cette blessure ?

En sortant sur la civière, je savais que j’avais quelque chose de grave et que ma saison était terminée. Après le match, j’ai relativisé, on avait gagné, la blessure passait au niveau secondaire. Le lendemain, c’était dur, je me suis rendue compte que je ne m’étais pas fait quelque chose d’anodin. Puis quand j’ai eu les résultats des tests, j’étais triste, car je savais que j’allais devoir faire le même protocole de récupération que j’ai dû faire 2 ans plus tôt. Je m’étais également fait une rupture du ligament croisé, mais au genou gauche.

 

 

As-tu déjà organisé ton retour sur le terrain ? Par quelles phases vas-tu devoir passer ?

La première phase consiste à reposer le genou, il faut qu’il récupère au mieux. On cherche à dé-enfler le genou et à le faire cicatriser. Je ne souhaite pas me faire opérer. J’aimerais suivre la même récupération que j’ai suivi pour mon genou droit. Je pense retourner à Capbreton pour me re-muscler et faire la réathlétisation au Stade Toulousain avec ma préparatrice physique. Capbreton, c’est un centre de rééducation. Tu as trois phases pour le patient : une phase postopératoire pour les personnes qui se font opérer, une phase de rééducation et la phase réathlétisation.

 

Maëlle Filopon

Credit Photo : Aurélie Gaude

Qu’est-ce qui est le plus important quand on se blesse ?

La phase la plus importante, c’est d’accepter d’être blessé. Ne pas nier et se dire envers soi même que tout va bien, sinon tu n’avances pas. Ca dépend des personnes, mais tu peux mettre du temps à accepter. C’est important d’être bien dans sa vie, de pouvoir couper avec le rugby. Pour moi, c’est un réel plaisir d’aller en cours, de voir autre chose, de penser à autre chose. Je vais pouvoir me concentrer sur mes cours, bosser à fond pour réussir mon année scolaire.

 

Ta blessure au genou gauche deux ans auparavant, t’aide-t-elle à accepter celle-ci ?

J’ai compris pourquoi j’ai eu du mal à accepter ma première blessure, que ce n’est pas facile, mais qu’il faut savoir relativiser.

 

Maëlle Filopon

Comment envisages-tu la suite maintenant ?

Prendre mon temps. Au début de saison, je ne me reposais pas beaucoup, je faisais beaucoup de rugby. J’ai envie de prendre mon temps aujourd’hui, ne pas aller trop vite pour revenir à 100 %. J’espère revenir fin mars. Avoir des matchs de reprise avec l’équipe deux puis jouer en une. J’espère jouer les phases finales avec la une et si tout se passe bien faire un tournoi avec France 7 développement et pourquoi pas la tournée d’été avec l’équipe de France.

Credit Photo : Aurélie Gaude

Laisser un commentaire

Share This