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Si la situation sanitaire évolue favorablement, le championnat Élite débutera en septembre prochain. Le 15 mai, la FFR a présenté la constitution des quatre poules de quatre équipes qui s’opposeront afin de se qualifier pour les play-off et play-down. Si les niveaux semblent équilibrés entre les poules, qu’en est-il des distances à parcourir par les équipes et comment les clubs organisent leurs déplacements ?

Crédit Photo : Jean-Marc Fondeur

Un rappel sur les poules de la saison 2020-2021

La FFR a communiqué la constitution des quatre poules :

Poule 1 : LMRCV, Lons, Montpellier, RCVRGP. Poule 2 : ASRUC, Stade Français, Stade Rennais, Stade Toulousain. Poule 3 : As Bayonnaise, Blagnac, Lyon OL U, RC Chilly Mazarin.  Poule 4 : AC Bobigny, ASM Romagnat, FC Grenoble Amazones, Stade Bordelais ASPTT.

Des disparités importantes dans les distances à parcourir entre les clubs

Les clubs de l’Élite 1 effectueront en moyenne 3 400 kilomètres pour honorer toutes leurs confrontations pendant les phases qualificatives. Pour donner un ordre de grandeur, cette distance correspond à un aller-retour Paris-Lisbonne. La situation des clubs n’est évidemment pas homogène compte-tenu de leur positionnement géographique.

Habitué des grands déplacements, le Lille Métropole RC Villenevois (LMRCV) est sur la première marche du podium de la distance cumulée avec environ 6 100 kilomètres à réaliser (plus d’un aller retour Paris-Moscou). Le club des Hauts-de-France est le seul de sa poule à être situé dans le Nord lorsque tous ses adversaires (Lons, Montpellier, La-Valette-du-Var) sont sur le pourtour méditerranéen.

Le même phénomène place le Stade Toulousain à la deuxième place du classement puisqu’il affrontera uniquement des adversaires domiciliés au nord de la Loire. L’ASRUC, le Stade rennais et le Stade français profiteront d’une relative proximité.

L’ASM Romagnat aura peut-être l’impact carbone le plus faible de cette phase de poules bénéficiant de son placement central en France métropolitaine. A titre de comparaison, il parcourra trois fois moins de distance que le club lillois.

3400 km parcouru en moyenne par les clubs. LMRCV : 6100km. Stade Toulousain : 4300 km. Lons : 4200 km. RCRGP : 3900 km. Chilly Mazarin : 3700 km. AS Bayonnaise : 3600 km. Lyon OL U : 3500 km. Montpellier : 3300 km. Stade Bordelais : 3300 km. AC Bobigny : 3200 km. FC Grenoble : 3100 km. Blagnac Rugby : 3000 km. Stade Rennais : 2700 km. ASRUC : 2500 km. Stade Français : 2300 km. ASM Romagnat : 2200 km.

L’intérêt sportif doit toujours primer

Pour l’intérêt sportif, les poules équilibrées doivent être privilégiées plutôt que la proximité géographique. Cet équilibre assure des play-off, play-down avec des confrontations à l’issue incertaine.

De plus, l’éloignement géographique est à relativiser si les joueuses se déplacent dans de bonnes conditions et si les communes à relier sont bien desservies.

L’organisation des déplacements : l’exemple de l’ASRUC

Dans les clubs, un manager d’équipe organise les déplacements des joueuses. A l’Association Sportive Rouen Université Club (ASRUC), le manager d’équipe a dû quitter ses fonctions et c’est Renata Salamouni, directrice administrative, et Cyrille Lloza, directeur sportif, qui s’en chargent.

Comme l’explique Renata Salamouni : « l’organisation des déplacements est une activité qui prend énormément de temps . Lorsque le planning des matchs est communiqué par la FFR, les clubs éloignés prennent généralement contact pour trouver un accord sur un éventuel changement de date ou d’horaire plus compatible avec les contraintes de déplacements et notamment les horaires de train ». Si les clubs trouvent un accord, il doit être ensuite validé par la FFR.

Une fois la partie administrative achevée, le manager d’équipe s’occupe de la logistique : réservation des billets de train ou du car, de la nuit d’hôtel et des repas.

Le mode de transport le moins onéreux est privilégié

Pour le club normand, le choix du moyen de transport se base d’abord sur un critère économique. Heureusement pour les joueuses, le TGV est souvent plus avantageux – et confortable – que le car sur les longues distances. Pour ses plus petits déplacements, l’ASRUC utilise ses minibus ou réserve un car.

Tous les frais sont pris en charge par le club. Ils sont variables en fonction du déplacement à effectuer : « en général, un déplacement coûte 4 000 ou 5 000 euros mais ca peut aller jusqu’à 7 000 euros » précise Renata Salamouni. Le transport est le poste le plus important du budget déplacement. A la fin de la saison, la FFR participe aux frais sur la base d’un tarif kilométrique.

Un déplacement pour une rencontre dans le sud débute en général le samedi matin et se termine dans la nuit du dimanche au lundi. Les joueuses les apprécient car c’est une occasion de passer du temps ensemble. Mais pour celles qui travaillent, il est parfois difficile de se libérer de leurs obligations professionnelles..

Tous les clubs de l’Élite 1 voyagent-ils dans les mêmes conditions ? Pour Renata Salamouni : « les grands clubs, qui bénéficient de l’image de leurs équipes masculines professionnelles, ont sûrement moins de difficultés à trouver des financements que nous ». A l’ASRUC, les déplacements se font à 25 : 22 joueuses, deux coachs et un kinésithérapeute. Dans d’autres clubs, 30 à 35 personnes peuvent faire partie du voyage.

Finalement, pour des clubs habitués à se déplacer, les kilomètres à parcourir n’ont pas beaucoup d’importance. Ce qui importe, aussi bien pour les joueuses que pour les passionnés de rugby, c’est la promesse de belles confrontations lors du prochain championnat.

Pour aller plus loin, découvrez l’entretien avec Céline Bourrilot qui souhaite un championnat plus équilibré.