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Anaïs Lagougine (Stade Français Paris) : “Rennes, on l’a abordé en voulant le gagner”

Anaïs Lagougine (Stade Français Paris) : “Rennes, on l’a abordé en voulant le gagner”

Temps de lecture : 5 min

Interview avec Anaïs Lagougine, entraîneur des Pink Rockets (Stade Français Paris). Elle revient sur la victoire des Pink Rockets contre le Stade Rennais, les raisons de leur ascension fulgurante en Elite et l’intégration des internationales à 7 dans le club.

Que faut-il retenir de votre victoire contre Rennes ce week-end ? Vous n’étiez pas favorites…

À Montpellier notre objectif était plutôt de bien se comporter, de bien figurer et de leur proposer une opposition intéressante.  On était aussi lucide sur le niveau proposé par Montpellier. On savait qu’on n’était pas prête sur le fond de jeu. Rouen nous a permis de régler quelques petits détails. 

Rennes, on l’a abordé en voulant le gagner, on avait la victoire en tête sur ce match-là. On a bien travaillé nos lancements de jeux et notre circulation durant la semaine. On a sensibilisé les filles sur leurs positionnements tout en restant dans un projet collectif. Je pense qu’elles se sont prises au sérieux. Dans leurs têtes elles savaient qu’il y avait quelque chose à faire. Les filles se sont complètement impliquées dans le match du début jusqu’à la fin.

Notre objectif a été affiché, on souhaite aller chercher les quarts de finale en fin d’année. On savait qu’une victoire à domicile contre une équipe de TOP8 ça allait compter à la fin du championnat.

 

Qu’est-ce qui a fait la différence sur ce match ?

Sur ce match c’est notre agressivité. Il y a eu un gros match devant, derrière on a été très présente défensivement.  Les filles ont imposé un gros combat dans les rucks et une grosse pression. Les deux premiers matchs on subissait un peu cette pression. Maintenant les filles ont vraiment compris que le rugby est un sport qui est fait pour avancer. Il faut mettre la pression sur l’autre que tu aies la balle ou pas.

 

Les Pink Rockets ont connu une ascension vers l’élite très rapide, comment expliquer cela ?

Premièrement, il y a une volonté très claire du club, c’est-à-dire du Stade Français Paris, d’avoir une équipe féminine au plus haut niveau. Il y a des moyens qui ont été mis en place, des infrastructures, des terrains, des salles de musculation. Des moyens sont donnés, pour que les filles aient des facilités pour payer leur licence, une cellule socio-professionnelle s’est montée. L’ensemble de ces moyens nous permettent de conserver nos joueuses et de recruter.

 

 

Ensuite, à l’inter-saison, on a fait un gros travail sur le recrutement. Il fallait anticiper les choses avec la montée en élite, prendre les choses très au sérieux. Il fallait qu’on se renforce sur certains postes. Notre projet a plu à certaines joueuses. Ainsi, chaque année, les filles qui restent prennent en expérience et des filles avec des qualités s’ajoutent.

Enfin, leur montée en Armelle Auclair a complètement été gagnée par le biais du sportif. On a eu la chance d’être tombé sur la période de réforme du rugby féminin. On a profité de cette réorganisation au niveau de l’élite. Mais dans tous les cas, la montée en élite était un projet à court moyen terme.  

 

Vous réussissez à recruter des joueuses de renommée internationale, qu’est-ce qui les attire chez vous ?

De ce qu’elles en disent, c’est qu’elles avaient besoin et envie de voir autre chose. Après, quand on a rencontré ces joueuses-là, on leur a parlé de notre identité. On préfère valoriser une identité de jeu, une forme de jeu, qu’un projet de jeu. On est plus sur un jeu de mouvement, un jeu debout et beaucoup de déplacement.

 

Ensuite, je pense que les moyens qui ont été mis en place pour que les filles puissent travailler correctement, a aussi séduit. On a quand même deux préparateurs physiques, deux kinés, deux médecins, cinq entraîneurs et un directeur sportif. On est bien équipé pour que les filles puissent travailler correctement. Enfin, le fait de voir qu’il y a une ascension fulgurante leur a peut-être donné l’envie de prendre le train au bon moment.

 

Vous avez de nombreuses joueuses à 7 dans l’équipe, comment gérez-vous leur intégration ? Arrivent-elles à suivre vos entraînements et vos matchs ?

C’est très facile. Premièrement, ce sont des joueuses qui sont reconnues. Donc, pour les filles qui n’ont pas de sélections, c’est génial. Elles peuvent venir à quelques entraînements, ça ne fait que progresser, les filles apprennent à leurs côtés. Elles les voient comme un partenaire d’entraînement qui peut leur apprendre des choses.

 

Ensuite, c’est facile, car ces filles-là sont complètement ouvertes, intelligentes. Elles savent comment s’intégrer dans un groupe et se fondre dans une équipe. Puis, par rapport aux matchs, on est très transparent. Ces filles-là ne s’entraînent pas forcément avec nous, mais elles s’entraînent peut-être trois fois plus qu’une fille qui vient à tous les entraînements. Enfin, elles sont vraiment là pour nous apporter quelque chose de supplémentaire quand elles sont là. Le plus important pour nous, c’est qu’elles aient envie de venir jouer avec nous et qu’elles prennent du plaisir à jouer avec nous.

 

Qu’attendez-vous de vos filles pour les prochains matchs ?

Vu la qualité du match de Rennes et du niveau d’implication, elles nous ont montré qu’elles étaient capables de monter le curseur. Maintenant que nous savons qu’elles peuvent réaliser ce genre de prestation, on va en attendre autant, voir plus. Il faudra qu’on fasse attention à ne pas baisser notre rythme, car on a quatre matchs qui vont s’enchaîner dans les prochaines semaines.

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