Article réalisé par nos soins pour le UpandUnder #18 de juillet 2016. Post un peu tardif sur le site mais il vaut mieux tard que jamais n’est ce pas?!
Photo de couverture : FFSU.

Tous les deux ans, le championnat du monde universitaire regroupe une dizaine de Pays pour un tournoi de haut niveau. Cette année, en raison des préparations Olympiques, l’absence de joueuses internationales de tout premier plan a mieux reflété les rapports de force de ce sport universitaire.

Après deux titres de vice-championnes du monde lors des précédentes éditions, cette année était bien celle des bleues qui ont survolées la compétition du début jusqu’à la fin et qui se sont offert ce magnifique titre de championne du monde ! Un grand bravo à ce groupe !

Didier Soulies avait annoncé la couleur avant la compétition « on n’y va pas pour participer, on y va pour gagner !».

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Photo FISU

Dix Pays participaient à l’édition 2016, répartis en deux poules de cinq :

POULE A POULE B
Grande Bretagne Canada
France Chine
Japon Australie
Nouvelle Zélande Espagne
Italie Portugal

Les filles démarrent la compétition par un premier match tout en maitrise contre la Nouvelle Zélande qui se solde par un superbe 26-00. Le deuxième match de la première journée contre le Japon débute bien avec les bleues qui mènent 19-00 à la mi-temps. Après avoir fait rapidement entrer leurs réserves les Bleues subiront une domination Japonaise en deuxième période et s’imposent in-extrémis, à 6 contre 7, 19 à 14. Ce sera le score le plus serré du week-end. Malheureusement lors de ce match, Yolaine Yengo se blesse au genou.

Le deuxième jour les UniversiBleues appuient sur le champignon ! Après une première journée fructueuse, elles franchisent un pallier dans leur progression en se défaisant de leurs deux adversaires du jour par des scores qui marquent les esprits : 36-0 face à une squadra Azzura truffée d’internationales, et surtout un cinglant 31-05 face à la sélection Britannique sur ses terres. Laquelle, surprise matinalement par des Japonaises pugnace se retrouve du coup en Plate (places de 5 à 8). Nos UniversiBleues privilégient la dextérité et la technique collective à la rage, et termine première de leur poule.

Le troisième jour, les bleues sont opposées aux Portugaises en demi-finale. Pas aidées par une météo typiquement Galloise (cataclysmique diront certains), un temps tellement affreux que même les Bretonnes en viennent à commettre des en-avants… nos étudiantes franchisent le piège Lusitanien ! Dans ces conditions pénibles elles ont dû laisser leur jeu flamboyant au vestiaire et c’est la demi de mêlée Blandine Gadioux qui a résolu l’équation en allant scorer un hat-trick plutôt qu’en adressant des passes qui se perdent dans la tempête. Score final 26-00.

blandine-gadioux

Blandine Gadioux

Et pour finir la finale identique à la dernière édition France-Canada, les Nord-Américaines ayant bien bénéficié de la tempête pour imposer de justesse (7-5) leur puissance individuelle à la qualité du collectif Nippon. Sauf qu’en finale, cette fois… victoire 31-05 face aux tenantes Canadiennes dominées de bout en bout sans réel suspense. C’est un triomphe mérité pour cette équipe brillante qui aura dominé son sujet durant les trois jours de la compétition et qui écrit là un beau morceau d’histoire !

Quelques impressions des joueuses :

Quelle a été la clé de la victoire? Que retires-tu de cette expérience?

Blandine Gadioux : Le championnat était une expérience inoubliable. Je pense que la clef de la victoire a été notre collectif, on avait un très bon groupe autant sportivement qu’humainement et on est très vite parvenu à jouer ensemble. On était très soudée. Notre capitaine a toujours su trouver les mots justes et les entraineurs nous ont beaucoup soutenus. Je retire que du bonheur de cette expérience surtout avec le titre à la clef ! Cette très longue saison se termine de la plus belle des manières.

Comment expliques-tu que vous ayez pu faire preuve d’une aussi grande cohérence collective à Swansea alors que vous n’avez que quelques jours de préparation ensemble ?

Joana Sainlo : La préparation fut assez brève, le tournoi Howard Hinton qu’on a remporté avec panache et un stage de préparation d’une semaine à Lacanau… C’était un groupe inédit mais plein d’envie!! Hormis le fait que le collectif se compose de joueuses (presque) intelligentes et surtout polyvalentes, notre force réside plus dans l’absence de grosses individualités ce qui nous pousse à jouer collectivement pour faire ressortir le meilleur de chacune!! Tu rajoutes à ça un soupçon de talent et le tour est joué !!

Ce titre clôture ta première saison de rugby en France de la plus belle des manières, c’est une belle réussite ! Que retires-tu de cette expérience? Vous aviez l’air d’un groupe soudé, comment en si peu de temps vous avez réussi cela?

Yolaine Yengo : C’est clair que pour une première saison en France c’est la chose la plus incroyable qui m’arrive. Je suis très contente de représenter mon caillou, je dirai les Cagoux car c’est comme ça qu’on appelle les sportifs de Nouvelle Calédonie avec l’équipe de France universitaire. Un grand merci à tous ceux qui ont cru en moi, mes entraîneurs, la ligue de Rugby NC, mon ancien club Stade Calédonien, ma famille mais aussi au Stade Rennais avec Yann Moison et Kevin Courtis mes entraîneurs de la fac.

Une sacrée expérience qu’on a vécue là, je ne me rends toujours pas compte qu’on est championne du monde ! Peut-être est-ce parce que je n’ai pas ma famille à mes côtés pour le fêter… Je sais une chose c’est qu’ils sont fiers de moi et que la Calédonie est avec moi.

Niveau du groupe il est vrai qu’on a une équipe soudée. Il y a à peine 2 mois on ne se connaissait pas, ou bien on joue l’une contre l’autre donc des ennemies du terrain, mais dès notre premier stage au premier entraînement il y a eu de l’alchimie entre nous et on a toutes pensé la même chose « on est une putain d’équipe « . Ça s’est vu au premier tournoi au Howard Hinton où on gagne en demi-finale contre France Développement qui est une équipe composée de très bonnes joueuses et en finale on gagne contre l’équipe de Chine. Après cela, on savait qu’on pouvait faire quelque chose au mondial et merci à nos entraîneurs de nous avoir fait confiance, ils ont vu que la cohésion de l’équipe était top, pour moi ces filles là sont des filles en Or. Parce que rugbystiquement elles sont au top mais humainement elles sont adorables. Le fait d’avoir gagné ce championnat c’est trop cool mais le faire à côté de ces filles là c’est juste Magique… Comme quoi le rugby c’est avant tout un sport de copines.

Quelles sont tes impressions sur le tournoi, l’ambiance… ?

Lenaig Corson : C’est une joie immense de pouvoir ramener un titre mondial, d’autant plus que c’est le premier titre pour les filles. Pour les anciennes du groupe France U, nous avons pu nous venger de notre défaite en finale d’il y a deux ans au Brésil contre le Canada! Gagner 31-5 en finale, la victoire est nette et sans bavure!

Tout le long de la compétition nous avons été sereines, appliquées et mortes de faim en défense. Nous avons abordé les matchs les uns après les autres avec beaucoup d’envie et d’enthousiasme. La chose que je retiendrai le plus de cette aventure c’est vraiment l’ambiance dans ce groupe, on s’entendait très bien. Ça aide d’avoir de la complicité en dehors du terrain car ensuite on n’hésitait pas à se corriger entre nous et à vouloir chercher toujours plus d’efficacité dans notre jeu matchs après matchs. C’est vraiment une victoire collective ou chacune a apporté sa petite touche et son grain de folie. On a déjà hâte de se revoir et de fêter encore ce titre de championne du monde! D’un point de vue personnel, je suis vraiment heureuse de ce titre universitaire. J’ai débuté le rugby à l’université de Rennes 2 et 6 ans plus tard je deviens championne du monde… La boucle est bouclée! Merci à tous ceux que j’ai côtoyé sur les terrains de rugby universitaire et un grand merci à mon coach U Yann Moison.

Quelles sont tes impressions sur le tournoi, l’ambiance… ?

Morgane Peyronnet : Ce fut une aventure exceptionnelle et unique à vivre, que je souhaite de vivre à tout le monde ! On est surtout une bonne bande de copines avant d’être une équipe et je pense que c’est ce qui a fait la différence dans le tournoi. On s’est démené les unes pour les autres comme jamais ! Le tournoi était sur 3 jours, il a fallu rester concentrées jusqu’au bout et faire avec les aléas du temps Gallois ^^ mais ce titre est une merveilleuse récompense pour ce groupe qui travaille ensemble depuis 2 mois . Un merci tout particulier à nos coachs et au staff médical qui nous ont permis d’aller au bout. La fête a été belle mais on a prévu de se retrouver pour la continuer !
C’est incroyable… CHAMPIONNES DU MONDE !!

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Photo FISU

Classement final :
1) France
2) Canada
3) Japon
4) Portugal
5) Grande Bretagne
6) Italie
7) R.P. Chine
8) Espagne
9) Nouvelle Zélande
10) Australie

LE GROUPE FRANCE

Blandine Gadioux (Bordeaux)
Mégane Delavalle (Bordeaux)
Emma Roubinet (Bordeaux)
Morgane Peyronnet (St. Toulousain)
Roxane Bilon (St. Toulousain)
Juliette Fregier (St. Toulousain)
Amélie Mugnier (Blagnac St-Orens)
Caroline Drouin (Rennes)
Lenaïg Corson (Rennes)
Yolaine Yengo (Rennes)
Joanna Griset (Bobigny)
Joanna Sainlo (Bobigny)

STAFF

DUNG Xavier Chef de Délégation
SOULIES Didier Entraîneur FFSU féminine
ROUZIERES Philippe Entraîneur FFR féminine
BLAES Cyril Médecin
FERANDO Cyril Kinésithérapeute
MARMUSE Maxime Kinésithérapeute

L’Exprez et Sélina

 

P.S. l’affaire Swansea : peu de temps après ce titre glorieux le logement de la Capitaine Bleue fut sauvagement vandalisé. L’enquête progresse doucement il pourrait s’agir de jaloux ou de jalouses, voire de l’action d’une puissance étrangère : Canadiennes lâchant un caribou dans la chambrée, voire Péril Jaune… ??? etc… l’enquête suit son cours, ayons confiance en la justice…

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